mamanprout_marraine

8.8.2018: une date prédestinée. Celle où j'ai agrandi un peu plus mon coeur. Celle où j'ai agrandi un peu plus ma famille. Je suis devenue marraine. Marraine! Un rôle nouveau, un rôle questionnant, un rôle enivrant mais surtout et avant tout, un rôle beau.

Certains le voient uniquement religieux. Le petit ange blanc, la Sainte Vierge protectrice, le baptême à l'église où l'enfant reçoit comme cadeau, sa médaille en or de sa marraine, la chaîne en argent de son parrain (parce qu'il y a toujours des loupés), le tout sous un signe de croix. Et comme une relique, les parents garderont au coffre de la banque tous ces bijoux de baptême qu'il ne portera jamais. La marraine, comme le parrain, devient alors un vrai guide dans la spiritualité de l'enfant. Clairement, je n'étais pas destinée pour cela: je suis une vraie quiche en religion, je n'aurai pas été la meilleure pour cela.

Heureusement, les parents de mon filleul me connaissait bien: ils ont opté pour le parrainage civil. C'est un engagement symbolique et moral, devant le maire. Républicain. Dit comme çà, ça a l'air d'un bout de papier signé mais en vrai, j'ai chialé toutes les larmes de mon corps ce 27 octobre. Je m'engage moralement à suppléer les parents en cas de malheur familial. Je m'engage à l'aimer, l'accompagner, le chérir comme mon sang. Je m'engage à faire partie de sa vie, dans les bons comme dans les mauvais moments. Je m'engage à entretenir les liens d'amitié entre lui et mes maximonstres. Je m'engage à ne pas être trop gaga mais sur ce point ce n'est pas gagné.

Ses grands yeux innocents sur le monde, ses premiers sourires, ses premiers areuh, ses petits doigts qui se referment sur le mien. Comment ne pas craquer? Être présente, même si ce n'est pas physiquement. Être à l'écoute, même si parfois le temps manque. Les premiers mois, les premières années, c'est surtout soutenir les parents dans leur rôle tout neuf. Je n'ai pas la bonne parole, loin de là, mais devenir la pilule déculpabilisante de quelqu'un, c'est déjà pas mal. J'ai survécu, tout le monde a survécu, tu survivras aussi au plus grand rôle de ta vie: être parent. Parfois difficilement, mais je suis là.

Entouré de tant d'amour et de soutien, ce petit garçon a bien de la chance pour démarrer dans la vie. En fait, non. C'est moi qui est de la chance. Devenir marraine, avoir cette relation privilégiée, cet engagement unique, c'est une chance inouïe pour moi. Même si chaque jour, je me construis peu à peu dans ce nouveau rôle. Ce rôle si beau...