mamanprout_refairesavie

S'il y a bien une expression que je déteste, c'est celle-là: "Refaire sa vie". Alors pour mettre les points sur les i dès maintenant, je le clame haut et fort, je ne referai pas ma vie. Non, jamais. Comme le chante bien mieux que moi Elsa, le passé est passé. Pour autant, je ne l'efface pas, il fait parti intégrante de moi, il a construit la personne que je suis aujourd'hui et j'avance. Maintenant c'est Souchon qui chantonne: "On avance. Faut pas qu'on réfléchisse ni qu'on pense. Il faut qu'on avance." Ouais, je sais, j'ai des goûts hétéroclites et je suis un vrai jukebox ambulant: ça épuise! Enfin bref. Nous n'avons qu'une vie, une unique et simple vie, tellement éphémère, tellement imprévisible. Rien n'est à refaire, il suffit juste de poursuivre le chemin. Bon, ok, la destination n'est pas glorieuse (quatre planches de bois?) mais autant être heureux malgré les cailloux dans nos chaussures, nan?

Je sais que les bien-pensants me posent cette pas si anodine question: "Alors, tu comptes refaire ta vie?" plus par cette irrépressible inquiétude de me voir finir grisonnante dans un immonde plaid parlant à mes 3 chats que par curiosité bienveillante. Parce que dans la norme il faut être heureux, parce que dans la norme pour être heureux il faut être deux, parce que dans la norme il faut être deux. Point barre. Famille recomposée: le graal, le mot imprononçable que tout le monde attend. Alors oui ok d'accord, je suis une mère, je suis une working-girl, je suis divorcée, je suis blogueuse mais avant tout je suis une femme. Avec des besoins humains (surpriiiiise). Quelques aventures, j'en ai eu (passons vite, c'était pas glorieux) mais de là à construire quelque chose de sérieux et durable avec un homme qui comprendrait et accepterait ma vie à 100 à l'heure, euh...comment dire? Ce n'est pas demain la veille! 

La grande tendance, c'est de parler de charge mentale: moi je ris, mais je ris! Je lui pète à la gueule à la charge mentale, hein. Quand t'es maman solo, c'est facile, il y a pas à réfléchir, enfin si: t'es toute seule pour tout gérer donc en gros, si tu le fais pas, bah personne d'autre ne le fera à ta place. Sauf si tu t'appelles Charlize Theron et que ton compte en banque te permet d'embaucher une panoplie de minions qui t'épaulerait pour à peu près tout. Bon, c'est pas mon cas. Merde, j'aurai dû cocher riche dans la case: "Que voudrais-tu faire dans la vie?" Alors oui mon cerveau ressemble parfois à une cocotte-minute (prendre rendez-vous avec la gynéco, répondre au mot de la maîtresse de Zébulon, préparer la gourde du cartable d'Ouistiti, emmener la voiture au contrôle technique, préparer le conseil pédagogique de vendredi, développer les photos et faire le cahier de vie de mon adaptation à la crèche, appeler le gestionnaire de l'immeuble parce que je n'ai pas reçu ma quittance, préparer des sandwichs pour un pot de départ, écrire cet article que j'ai commencé il y a deux semaines, racheter des chaussures à Zébulon, plier les 3 lessives qui m'attendent, élaborer les menus de la semaine prochaine, organiser un anniversaire surprise, pinter des idées pour l'EVJF de ma cousine, aller à ce rendez-vous pour le suivi post-bypass...), l'iPad n'a qu'à bien se tenir, c'est moi le cerveau de la bande. Alors inévitablement je fatigue, pas tellement physiquement mais mentalement. Le soir, j'hésite à m'écrouler dans mon clic-clac pendant que la télé me regarde dormir ou pianoter sur l'ordinateur pour décompresser. Je pense à tout. Tout le temps. Mais aussi, je pense à mon avenir et à quelle place pourrai-je accorder au futur homme de ma vie (tu sais un geek sexy avec déjà 1 ou 2 marmots, bien dans ses pompes, drôle et avec des envies de bougeotte?) puis surtout, où trouver le temps? J'en ai terriblement envie mais comment qu'on fait quand on a toujours (ou presque) ses maximonstres avec soi et une vie ultra bien remplie, hein?

Bref, maman solo ok, charge mentale dans ton cul, je gère l'étagère comme dirait ma grand-mère mais refaire ma vie, non merci. Je vais plutôt la continuer. C'est plus sûr. Je ne sais absolument pas ce qu'elle va me réserver. A vrai dire, je n'ai que 31 ans, que sais-je de la vie? Qui sait, peut-être qu'un bellâtre pas con (vaut mieux préciser) viendra s'y greffer un jour ou l'autre et ainsi, nous poursuivrons le chemin de la vie ensemble...un peu plus légers dans nos baskets...