Voilà trois semaines que mon Ouistiti (2ans et 5 mois) porte un slip, enfin, un siiiiiiiiiiiiiiip selon ses dires. Cette grande étape de son développement a été source de questionnements intenses (quand? comment?) mais aussi de stress (et si il fait caca sur lui en plein Carrouf', je fais quoi?). Je n'aime pas employer l'expression "apprentissage de la propreté" (surtout quand tu vois certains mecs, de gros crados qui n'ont jamais lu le manuel d'utilisation d'une balayette à chiottes, ils ont franchement loupé cette étape). Le caca et le pipi, ce n'est pas ni propre ni sale, c'est juste les déchets qui sortent de notre corps. Je te recommande d'ailleurs vivement le super livre "C'est quoi, le caca?" des éditions Usborne, tu vas en apprendre tout un rayon, genre que les baleines font caca rose, tu seras incollable sur les matières fécales de tout le monde et ton maximonstre en redemandera (du livre hein, pas du caca).

Donc, Ouistiti a été en plein apprentissage de la continence...un mot très important qui dit bien toute l'incapacité à nous, parents, de maîtriser à distance les jolis petits sphincters de nos maximonstres. Car oui, c'est bien une histoire de maîtrise de sphincters, ses petits muscles circulaires (deux différents, un pour le pipi, un pour le caca) qui se ferment pour se retenir et se relâchent pour évacuer. Grosso modo alors, c'est vers l'âge de la marche acquise (18 mois/20 mois) que l'enfant peut quitter ses couches pampers pas cher car il a atteint la maturation physique pour la maîtrise ces deux petits muscles ronds.

Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d'alu?

Je n'ai jamais vu un maximonstre de 18 mois continent. Jamais. Et je suis éducatrice de jeunes enfants. Là où Dame Nature s'est bien foutue de notre gueule, c'est qu''il ne suffit pas seulement que la physique soit opérationnelle, il faut également que psychologiquement l'enfant soit prêt. Zéro blocage dans la caboche. Et là, ça fait rager encore plus tous les parents de la Terre, car on ne gère rien, rien rien rien. C'est lui qui décide. Notre rôle comme dirait Johnny, c'est lui donner envie d'avoir envie. Pour être continent, l'enfant doit être prêt physiquement (soit pas avant 18 mois) et aussi prêt psychologiquement (entre 2 et 5 ans).

Alors comment j'ai su que c'était le "bon" moment pour Ouistiti de l'aider à passer à cette grande étape?

Déjà, malgré ses couches pas cher (tu sais celles qui absorbent tellement bien le pipi que l'enfant ne le sent pas, grrrr, vive la technologie), Ouistiti allait régulièrement au pot grâce à Ma Cacabane de Pirouette Cacaouhète, une cabane en carton pour s'isoler et faire ses petites affaires. C'était un grand jeu avec sa soeur, ils s'envoyaient des cartes postales dans la fente (merci Marraine), ils dessinaient à 4 mains, c'était ludique. Mais un coup sur deux, le caca finissait dans la couche. Alors que faire?

apprentissagedelapropreté

Voici donc ma méthode réputée infaillible...la méthode cul nu. Pour que ça fonctionne, il faut réunir 3 points extrêmement importants:

- avoir du temps: 4/5 jours de vacances en tête à tête avec ton maximonstre pour te consacrer qu'à çà (nous avons profité de notre semaine de vacances à Royan, c'était super facile)

- saisir que c'est le bon moment: ni trop tôt, ni trop tard, ton maximonstre doit être motivé et exprimé qu'il est prêt (Ouistiti voulait surtout aller à l'école, et le slip, c'est la condition sine qua non).

- ne pas revenir en arrière: si on enlève la couche la journée, ce n'est pas pour la remettre 3 jours plus tard, faire confiance à l'enfant est primordial et surtout, que tous les adultes qui l'entourent tiennent le même discours (nounou, maman, papa, grands-parents).

Alors concrètement, comment j'ai fait?

Nous sommes partis lundi matin pour les 500 km qui nous séparent de notre maison de famille. J'avais expliqué la veille à Ouistiti qu'en vacances, il pourrait mettre des slips comme les grands, s'il le voulait. Il semblait plutôt motivé, me répétant sans cesse "siiiiiiiiiiip, école, juyyyyaaaa" (pour traduction "slip, école, Julia = sa soeur"). Le matin avant de partir, je lui ai redemandé: "alors, on met la dernière couche, après plus de couches quand on arrive chez Papy Mamy?" Il m'a reconfirmé: "pu couche, siiiiip". Je lui avais montré la vingtaine de slips à l'effigie de super-héros et de dinosaures (stéréotypes power) que j'avais rangé dans la valise: mais attention, ces derniers n'étaient pas pour tout de suite.

Tu l'as compris, j'ai demandé à mon maximonstre s'il était prêt à sauter le pas avec maman. Sans son accord, sans sa motivation, ça ne servait à rien.

A notre arrivée, j'ai mis le pot dans le couloir et à l'autre bout de la maison, le réhausseur sur le WC. Et je lui ai montré. Clairement, il n'en avait rien à faire, ce qu'il voulait, c'est faire de la moto dans le jardin. Mais avant çà, je lui ai retiré pantalon et couche...pour rester cul nu. Il n'était pas franchement d'accord, on n'était qu'en avril après tout et le petit vent dans les fesses, c'était tout à fait inhabituel. Alors nous avons eu un compromis: je lui ai mis un short très large en éponge (il ne tenait qu'avec le lien de serrage) pour ne pas sentir la pression du tissu ni sur son zizi ni sur ses fesses. Pas de slip, pas de vêtements serrés, c'était important qu'il se rende compte lui-même quand ça coule ou que ça sort. Prendre conscience de ses deux sphincters pour les maîtriser.

En 4 jours seulement, il n'y avait plus "d'accidents", il avait pris une routine pour le pipi (avant chaque départ/changement d'activités et/ou toutes les 1h30) et une autre pour le caca (tous les jours, à la même heure après le petit-déjeuner). L'avantage d'un garçon, c'est qu'il peut faire pipi partout et il s'en est donné à zizi joie: sur le pneu de la voiture, dans la mer, dans le parc, près des canards... Je restais près de lui car il me le demandait: lire un livre, chanter une chanson et surtout veiller à vider complètement sa vessie, car souvent il se levait aussi que 3 gouttes étaient sorties. Mettre mot, prendre notre temps et rester une maman vigilante.

Et surtout, 3 mantras à se répéter sans cesse en tant que parent:

- faire confiance à son enfant: il m'a bluffé, car moins d'une semaine après l'opération cul nu, nous avons fait les 500 km retour, en sécurité, j'avais mis une couche mais je n'aurai pas dû. Malgré ses temps de sieste, malgré ses jeux dans la voiture, il s'est retenu et a fait pipi sur l'aire d'autoroute à la pause syndicale. Le slip lui aurait parfaitement convenu.

- ne jamais gronder: une fuite ça arrive et sans parler qu'il peut y avoir un temps différent entre la maîtrise du sphincter pipi et la maîtrise du sphincter caca.

- ne pas récompenser automatiquement: ce n'est pas un chien savant, pas de bonbons automatiquement à chaque pipi ou caca (ça dérègle aussi son rapport aux douceurs). Mais clairement, je lui ai acheté de nouvelles affaires (slip, chaussures, sac) parce qu'il devenait grand et que j'étais fière de lui.

mamanprout_apprentissagedelapropreté

Le retour à la maison m'a aussi inquiété: et si ce n'était pas aussi fluide qu'en vacances? Et chez son père, comment il va gérer alors qu'il parle si peu? Et chez sa nounou, aura-t-elle le temps d'être attentive aux signes? Finalement, il a géré d'une main de maître: 2/3 petites fuites la première semaine mais rien du tout la deuxième. Je crois que nous sommes en bonne voie. Bon, j'avoue, même si la couche commence à rester sèche nuit et sieste, je n'ai pas voulu tout précipiter. Nous avons le temps. D'ailleurs, maintenant, c'est à Doudou d'apprendre à être continent grâce au jeu Délir'o Toilettes d'Hasbro Gaming et Ouistiti est très fier de lui montrer tout son savoir-faire...

Et chez toi, c'était quand la grande étape du slip?