Avant d'avoir Zébulon, j'étais éducatrice de jeunes enfants diplômée, je croyais avoir des principes éducatifs très précis genre pas de bonbons, pas d'écrans, pas de jouets en plastique, pas de tétines, pas de gâteaux industriels, pas de punitions, pas de si pas de çà, bref, je me prenais pour le super melon parental...alors que je n'avais pas un seul maximonstre à la maison. Puis elle est arrivée et tout a voltigé. J'ai appris à devenir maman, en testant, en faisant quelques erreurs, en ajustant, dans un joli tourbillon de bonheur. Enfin, Ouistiti a débarqué, petit bonhomme espiègle, je me sentie enfin complète. Mes principes éducatifs ont vite été enterrés et je me suis recentrée sur l'essentiel: eux, leur relation, notre petit monde, grandir ensemble pour être heureux. Car depuis que je suis maman solo, depuis que leur vie est morcelée entre un peu chez papa, beaucoup chez maman, succession de séparations et de retrouvailles alors qu'ils ne sont hauts que comme trois pommes, j'essaie de leur apprendre un principe fondamental: ils sont le plus important l'un envers l'autre. "Il n'y aura pas toujours maman, il n'y aura pas toujours papa, vous n'êtes pas obligés de vous aimez, mais l'un et l'autre vous pouvez vous aider à grandir, à franchir toutes les étapes de la vie car vous serez toujours plus forts ensemble." Je crois que ces petites phrases portent leurs fruits. Peu à peu une relation unique se construit entre Zébulon et Ouistiti. Partager leur imagination à travers des dizaines de jeux, dans leur chambre où je prends tant plaisir à glisser une oreille pour entendre leur amour. Casser sa barre de chocolat pour tendre un morceau à sa soeur. Ne pas pouvoir s'endormir sans un dernier bisou à son frère. Sentir la fierté quand l'un ou l'autre arrive à faire quelque chose d'extraordinaire et sourire devant les petites mains qui clament bravo. Les voir heureux quand ils font une activité ensemble. Les voir se chercher quand ils sont éloignés l'un de l'autre... Je me dis que si je n'ai pas réussi dans mon couple, si je n'ai pas réussi dans l'unité traditionnelle de notre famille, j'aurai peut-être au moins réussi cela. Laisser germer les graines de la complicité fraternelle... Ensemble, ils seront leur pilier. Ensemble, ils avanceront dans ce méli-mélo de "je suis là, je ne suis plus là". Ensemble, ils apprendront le verbe aimer. 

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