Je n'ai pas souvent écrit sur mon nouveau statut de maman solo. Enfin, nouveau, pas tout à fait, puisque cela fait déjà 7 mois que j'ai cette casquette sur la tête. Je rends les gens bipolaires quand je leur dis, ils oscillent entre l'admiration ("Whaou, elle est où ta cape de super-héros pour tout gérer comme çà?") et la pitié ("Elle sait même pas garder un mec, ça doit être une folle!"). Pourtant, elle n'est ni enviable, ni pathétique cette situation, juste dans l'air du temps.

Pourtant, en ce moment, je n'en peux plus, je suis une cocotte-minute prête à exploser. Trop à penser, trop à organiser, trop à anticiper, je craque. Mon si beau job de rêve va prendre fin, exit le CDD le 15 janvier prochain. Aucune autre issue possible. Et voilà que ma caboche s'évertue à ressasser mille et une questions. Je recherche un travail, dans ma branche, mais de peur de ne pas trouver, je postule à tout et n'importe quoi, même des postes qui n'ont pas mes valeurs ou qui sont à plus d'une heure de chez moi. Je passe des entretiens la boule au ventre, motivée comme une huître, mais bien consciente qu'il faudra malgré tout accepter. Se stresser parce qu'un autre mode de garde pour Ouistiti est à dénicher avant sa rentrée à l'école en septembre. Se torturer pour l'impact de ce nouveau morcellement dans la vie de mes enfants. Ou alors, penser à rester au chômage quelques mois, histoire de trouver un job non pas dans la précipitation mais près de chez moi, qui me correspondrait. Tout en vivant avec un peu moins financièrement. Indécision quand tu nous tiens.

Ce changement de vie imminent me bouffe littéralement. J'étais bien plus sereine à quitter mon ex-mari puis déménager à 600 km de mon ex-chez nous. Là, j'ai peur de ne pas prendre la meilleure décision pour moi, pour eux. Je n'ai jamais été inactive par non-choix. J'ai peur de végéter comme un légume. J'aimerai tellement m'éclater dans un boulot qui aurait du sens. Je voudrai de la stabilité pour mes maximonstres, qu'ils se sentent protéger. 

Je dois prendre une décision. Seule. Avec une pression monstre sur mes épaules. Et ça m'a fait perdre l'essentiel: ma joie de vivre, ma bonne humeur contagieuse. Je ne me reconnais plus. C'est çà être adulte? Engluée dans des tourments qui n'ont pas de solutions possibles? 

Bref, je suis maman solo en mode implosion.

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