mamanprout

Elle pleure. Elle est inconsolable. La même rengaine tous les matins, tous les soirs... Je veux que ce soit que Maman et Papa qui me gardent. Le déchirement de la séparation et le comptage des dodos avant la libération des vacances. J'ai tout tenté. La méthode douce: les câlins, les jeux, les attentions particulières, les bisous à n'en plus finir, les mots doux pour rassurer, les négociations. Rien n'y fait. La méthode dure: les menaces, les punitions, les cris, les gros yeux. Rien n'y fait. Elle est inconsolable. Inconsolable de cette situation. Inconsolable de découvrir la dure réalité des vacances d'enfants de divorcés. Et l'impossibilité de prendre la totalité des vacances de mon droit de garde...et donc aller au travail alors qu'elle reste à la maison. Elle a tenté l'impensable: les "J'ai mal au ventre, j'ai mal aux oreilles, j'ai mal à la tête" couplé avec ce refus de manger. J'explique, je réexplique, l'importance et la chance que j'ai de travailler, l'importance et la chance que j'ai d'aller m'occuper de jeunes handicapés, l'importance et la chance d'avoir en contre-partie des sous pour mettre un toit sur notre tête, de la nourriture dans notre assiette, des p'tits bonheurs au quotidien. Qu'elles sont dures ces vacances sans vacances. Fini le congé parental. Finie la bulle sereine de la famille lambda. Chez papa, ça sera dans 15 jours. Chez maman, c'est que demain soir que les vacances démarrent vraiment. Elles sont attendues, très attendues. Petite parenthèse rien qu'à nous 3. Nos premières vraies vacances de maman solo. Mais elle n'est pas dans l'excitation, l'impatience. Non. Elle pleure. Son schéma habituel des vacances est clairement brisé. Des bouts de vacances, par ci, par là. De l'incertitude, du stress. Et cette petite phrase qu'elle ne devrait pas prononcer: "Mais qui me gardera?" Des petits signes qui ne trompent pas... Moi qui pensait que la séparation s'était bien passée, voici le retour de manivelle. Le crash-test des grandes vacances... Est-ce que le temps, les années arrangeront les choses? Est-ce que son frère prendra le même chemin? Que dois-je dire? Que dois-je faire pour apaiser cette douleur? Elle pleure. J'espère que demain soir, ses larmes se tariront, son sourire illuminera à nouveau son visage. Car tous ces signes qui ne trompent pas...laissent mon coeur de maman en miette.