Un mois et demi que je suis "réellement" maman solo. Plus de cohabitation, plus de tension, chacun a enfin sa maison. Moi, je me sens bien dans mon moulin, vraiment bien avec mes maximonstres. C'est dur à décrire mais au final, je suis mieux maintenant que je ne l'ai jamais été. J'ai toujours vécu en couple depuis que j'ai quitté le domicile familiale à 18 ans. J'ai l'impression d'être autonome pour la première fois. Dans mes choix. Dans mes finances. Dans ma vie. Je tâtonne encore dans ce quotidien de maman solo, courant après le temps chaque jour, jonglant entre les obligations et les p'tits moments de détente (à savourer longuement). Le peu de principes éducatifs qui me restait a littéralement volé en éclats...pour le plus grand bonheur de mes maximonstres, je dois bien l'avouer. Par exemple, pour libérer la pression, j'aime avoir un temps rien qu'à moi chaque soir pour bloguer, mater mes séries préférées, dormir tôt (si si c'est possible) ou simplement bouquiner...et donc le coucher a invariablement lieu autour de 19h45. Quoiqu'il arrive. Pour me donner bonne conscience, c'est pour qu'ils aient un quota suffisant d'heures de sommeil dans notre vie de dingue. Pour toute vérité, je veux un peu de silence dans mon quotidien et pouvoir retirer mes casquettes de maman ou éducatrice, au moins une heure ou deux. Mais avant çà, je savoure pleinement les moments avec mes maximonstres en inventant des trucs un peu dingue pour rire, pour s'amuser. Comme par exemple, dîner dans le bain. Faire des batailles d'oreillers. Organiser des journées pyjama. Pique-niquer dans la dînette au milieu de leur chambre. Profiter des nombreuses invitations parisiennes pour faire de nouvelles découvertes. Bref, 1001 choses que je ne faisais pas avant. J'ai l'impression de redécouvrir mes enfants. De me découvrir moi-même. Alors oui, je suis stressée par mon budget serré, stressée par mon avenir professionnel (le CDD n'est pas clairement le truc plus rassurant), stressée par l'organisation avec leur père (garde pendant les vacances, pension alimentaire, divorce, il y en a pour longtemps) mais pour le reste, j'avance. Sur tous les fronts. Et je ne vois pas la vie défiler. Un vrai tourbillon enivrant. Malgré le bypass, je ne suis pas si épuisée que l'on pourrait l'imaginer. Certes mon boulot est riche, prenant et palpitant. Certes mes maximonstres arrivent très facilement à me faire tourner en bourrique. Certes j'aimerai pouvoir me greffer un troisième bras pour les trucs chiants (porter Ouistiti et les sacs de courses par exemple). Mais je ne changerai plus cette nouvelle vie pleines de rencontres et de bonheur. Pour rien au monde. C'est flippant l'inconnu. Mais c'est tellement bon...

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Crédit Photo: 2jl