Lundi 11 janvier 2016. La fameuse date de mon hospitalisation, enfin. Je suis autant happy que stressée. Il n'y aura pas de retour en arrière possible et j'en suis bien consciente. Je me pèse pour voir si mon foie a réussi à dégraisser grâce à mon régime pré-op: -4 kg en 5 jours, whaouuu! Le taxi VSL sonne à la porte à 13h tapantes, un dernier câlin à Ouistiti le coeur serré et je pars. Je pars pour ma renaissance, pour le premier pas du reste de ma vie. A la clinique, c'est le casse-tête de l'entrée, ou tout du moins, comment poireauter des plombs pour faire ton entrée histoire d'augmenter ton stress. Vers 15h, avec les autres personnes opérées demain comme moi, c'est la réunion avec la diététicienne pour les derniers points de détail post-op. J'hallucine en entendant ses histoires de patients qui ingurgitaient soda et pancakes à la pâte à tartiner 1 à 2 semaines après l'intervention. De vrais crétins... Pavillon 2, troisième étage, chambre 21, me voilà installée avec ma colloc de galère dans le service de chirurgie digestive. J'apprends que mon passage n'est prévu qu'à 13h, une longue attente commence... Je vois aussi le kiné: exercices à faire au lit pendant l'hospitalisation pour stimuler la circulation et conseils pratiques pour le retour à la maison. Dix jours sans voiture, sans se baisser, sans porter aucune charge. Je pense tout de suite à mes maximonstres: ça veut dire, plus de câlins? Je crois que ça sera le plus difficile... Dernier repas du 

--.--.--.--

Mardi 12 janvier 2016, c'est le jour J. Je suis réveillée en fanfare par ma colloc à 6h30, elle doit être la première au bloc. J'ai plutôt bien dormi, je sens bon la Bétadine et je me gave de séries TV avec mon aérosol (pour bien ouvrir mes poumons). Le temps s'égraine bien trop lentement à mon goût. 12h30, un coup vif sur la porte ne peut qu'annoncer le brancardier, c'est parti mon kiki. L'équipe est top et je m'endors sans difficultés grâce à leurs drogues miraculeuses. Le réveil est un peu plus violent... Tiraillements, inconfort, goût étrange dans la bouche, j'ai l'impression d'être passée sous un rouleau compresseur. Je perds la notion du temps. Voilà, ça y est, ma vie a changé. "Tout s'est bien passé" me souffle l'infirmière anesthésiste. Je ne fais que dormir, l'effet des anti-douleurs me font un bien fou... Mais le soir venu, les premiers signes désagréables sont là: les fameux gazs qui se coincent dans les côtes, j'ai l'impression de crever à chaque respiration. Sans parler que je meurs de soif mais le protocole de mon chirurgien dit: zéro boisson avant le lendemain de l'intervention. Heureusement, le brumisateur me sauve la vie. J'ai envie de faire pipi en début de soirée mais l'infirmière me refuse le lever: ça sera le bassin, allongée. Je ne suis pas douée, je ne suis pas douée, il n'y a pas à tortiller là dessus, alors forcément, je fais pipi dans le bassin, bon gré, mal gré, mais aussi partout dans mon lit. Celui qui a inventé cela n'est franchement pas doué. Pas le choix, premier lever au fauteuil pour le grand nettoyage. Je dormirai en position semi-assise (très mal) ce soir là, douloureuse et au taquet d'antalgiques... Et pour couronner le tout, les anglais débarquent. Youpi!!!

--.--.--.--

La chambre double n'est pas l'idéal pour le repos. En fait, la clinique n'est pas l'idéal pour le repos mais je dois être surveillée. J'ai le droit à un thé et une compote sans sucres comme tout premier petit déjeuner: 3 gorgées de thé et un dégoût profond dès le premier quart de cuillère de compote. Mes goûts commenceraient-ils déjà à changer? Les deux prochaines journées sont rythmées par des marches commando dans le couloir (pour tenter d'évacuer les gazs), des micro-dodos, des shoots d'anti-douleur. J'aime pas trop la compote, je tente de boire mais j'ai tellement peur de vomir que je ne me force pas. Bizarrement, je serai toute émue de noter qu'à 7h20, le mercredi, je ferai mon premier prout. C'est le début de la fin du calvaire. Epuisée mais en bonnes conditions post-op, j'ai le droit de sortir le jeudi midi en taxi VSL. J'ai hâte de rentrer chez moi, de retrouver Ouistiti et Zébulon. Maintenant, c'est moi qui ai les clés de mon succès.

--.--.--.--

Même si pendant des mois j'ai lu forums & blogs sur la chirurgie bariatrique, j'aurai aimé savoir plus précisément ce qu'il y avait à emmener pour l'hospitalisation, histoire de rendre plus confortable le séjour. Après ma petite expérience, voici ce que je conseillerai à mon tour aux futurs opérés:

- du change, beaucoup de change (type pyjamas très très grands, à manches courtes et taille élastique, surtout si tu es aussi douée que moi avec un bassin)

- des grosses chaussettes (parce qu'il caille vite)

- des chaussons simples à enfiler (idem pour les chaussures, surtout pour le retour)

- un gros gilet ou une robe de chambre (pour déambuler dans le couloir avec le club des péteux)

- des serviettes, beaucoup de serviettes (je dirai au moins 5: 1 grande pour le corps, 1 pour les cheveux, 1 pour faire une carpette sur le sol de la salle de bain, 1 à garder sur sa table de nuit au cas où, 1 pour les vomitos aux toilettes - ça n'a pas été mon cas mais pour d'autres opérés oui)

- 1 brumisateur (j'ai opté pour le petit format de Evian Baby, pas trop lourd à manipuler)

- 1 paquet de lingettes intimes (j'ai pris celles de Corine de Farme, très douces)

- 1 paquet de serviettes hygiéniques ultra longues ultra absorbantes car apparemment, les ringniangnians débarquent souvent après les anesthésies (parce que ne compte pas pouvoir te contorsionner pour mettre un tampon ou une cup)

- 1 gel douche très doux à odeur neutre (ton pif te fera de drôles d'entourloupes, j'ai pris l'huile lavante apaisante Sensinol de Ducray car je fait souvent des irritations dues aux autocollants pour suivre le rythme cardiaque)

- 1 shampooing doux à odeur neutre (dans mon cas, j'attaque directement avec une nouveauté pour limiter les dégâts en prenant le shampooing à l'extrait essentiel d'olivier de Klorane)

- 1 nécessaire de toilette complet parce qu'ils ne fourniront rien à la clinique (brosse à dent, dentifrice, brosse à cheveux, élastique, coton, coton-tige, eau micellaire, crème de jour, déodorant)

- 1 tasse avec paille intégrée pour boire tout doucement au début (celle de Nûby est juste top)

- plusieurs paquets de mouchoirs (toujours pratique)

- 1 chargeur de téléphone + 1 rallonge (parce que les prises sont souvent difficiles d'accès)

- 1 masque de nuit et des boules Quiès (surtout si tu es en chambre double mais pas que...)

- des p'tits objets perso surtout si on n'a pas de visites (j'avais emmené des photos de mes enfants faites sur l'appli Lalalab et la couverture en polaire Frozen de Zébulon)

Je crois que je n'ai rien oublié de mon p'tit séjour...maintenant du repos à la maison et c'est parti pour la nouvelle vie! On se donne rendez-vous tous les mardis pour voir mon évolution avec un p'tit bilan post bypass?

mamanprout_hospitalisation