J'ai toujours eu le sentiment de vivre avec le costume d'Edgar. Une enveloppe charnelle qui n'est pas mienne, qui ne l'a jamais été. Je regarde les photos de mon passé et je ne comprends pas, je ne sais pas qui est cette personne qui se déforme au fil des années. Le carnet de santé ne trahit pas, à 14 ans, je pesais déjà 73 kg. A 19 ans, j'étais proche des 120 kg. Depuis l'adolescence, l'aiguille de la balance n'a cessé d'osciller. Jamais stable plus de 3 mois. Les régimes, faut pas se leurrer, ça marche, ça marche même très bien...quand on s'y tient. J'ai fait un rapide calcul: dans ma courte vie, j'ai déjà perdu plus de 80 kg cumulés. Ma plus grosse perte d'un coup? En 2008, plus de 35 kg sur quelques mois, j’atteins avec des efforts surhumains le chiffre de 79 kg. Qui ne s'affiche pas plus de deux semaines sur cette fichue balance. Les années filent et toutes les méthodes y passent: rééquilibrage alimentaire, Dukan, Weight Watchers, j'ai même testé des médicaments avec mon docteur (Xenical, Alli), ça fonctionne mais jamais en stabilisation. Je reprends tout avec des p'tits nouveaux. Je commence à perdre ma vigueur du début. Je maltraite mon corps autant qu'il me maltraite. Hypertension, douleurs dorsales, essoufflements et parfois palpitations. J'ai peur. Mon cœur est entouré de graisse, il pourrait s'arrêter. L'obésité, une maladie visible et risible. "Si tu n'étais pas si feignante, tu y arriverais, c'est pas si compliqué!", voilà le genre de phrases assassines que j'entends. J'ai l'impression d'avoir été au régime toute ma vie. Privation, frustration, tentation. Un cercle sans fin. Je voudrai que tout s'arrête. Je voudrai appuyer sur RESET, revenir en enfance et faire des choix différents. Arrêter de me cogner dans les murs parce que ma largeur réelle est différente de la largeur que j'ai dans ma tête. Arrêter de se réconforter dans la nourriture. Arrêter d'avoir un estomac qui crie famine, qui zieute que l'assiette soit identique voire plus remplie que celle du voisin. Maintenant que j'ai des enfants (mon plus grand rêve), je dois commencer à penser à moi. A presque 30 ans, il serait temps. Ma santé, mon avenir, rien n'est compatible avec l'obésité. Je dois me sortir de là, et dare-dare...

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Vendredi 17 juillet 2015, 6h52, j'ouvre les yeux. Je sais que c'est un jour important. Le stress est latent depuis quelques jours, mes ongles n'ont pas survécu. Ce rendez-vous pris dans mon agenda depuis quelques semaines, je vais y aller, cette fois-ci. Je suis partagée entre le sentiment d'échec (avec cette petite voix dans ma tête qui me gronde: "T'as même pas réussi à le faire toute seule, tu es vraiment trop nulle") et le sentiment d'excitation pour le bonheur à venir (je m'imagine l'été prochain, avec de nombreux kilos en moins). Cornebarrieu, me voilà. 9h, je suis arrivée à la Clinique des Cèdres: c'est immense.... Je tâtonne jusqu'à l'accueil, une gentille dame m'indique le chemin: suivre la ligne verte, la couleur de l'espoir, jusqu'au centre de l'obésité. Dans la salle d'attente, 4 autres personnes patientent, mon regard scanne: moins gros ou plus gros que moi? Moins vieux ou plus vieux que moi? Ce même sourire gêné... En fait, on est tous dans le même bateau. Un p'tit monsieur mince en blouse blanche arrive, c'est le docteur Juglard, il nous invite dans une salle de réunion. Il nous fait une présentation sur écran géant: les causes de l'obésité, les différentes chirurgies bariatriques, les conséquences, le protocole....je n'en perds pas une miette. Ce chirurgien me rappelle qu'il faut tout oublier de ce que l'on a pu lire sur Internet. Je souris. Je retiens quelques phrases qui resteront gravées dans ma cervelle... "Avec un IMC supérieur à 40, la prise en charge nutritionnelle est inévitablement un échec" (avec à l'appui, une étude suédoise sur 40000 obèses). "Grossir, oui, c'est de votre faute, ne pas réussir à maigrir, non, ce n'est pas de votre faute". "Sur le long terme, il y a 40% d'échec de la sleeve contre 5% du by-pass gastrique". J'ai toutes les réponses à mes questions, l'espoir renaît. A la fin du diaporama, une jeune femme mince entre: elle a eu un by-pass il y a 3 ans....elle a perdu 55 kg en 13 mois. Je regarde sa photo d'avant, il m'est impossible de la reconnaître. Avant son intervention, elle pesait 10 kg de moins que moi, maintenant. J'ai le tournis. Elle raconte sa vie d'aujourd'hui et toutes les métamorphoses physiques et psychologiques que ça a engendré. Je l'envie. Moi aussi je veux renaître. Puis le chirurgien, le docteur Juglard me reçoit en individuel. Je lui raconte mon histoire, ma famille, mes enfants et tous ces échecs depuis près de 15 ans.... Immédiatement, il est d'accord pour ma prise en charge. J'ai comme des papillons dans le ventre, je n'y crois pas, je vais commencer les examens....et croiser les doigts que tout soit bon! Je retourne au secrétariat, c'est parti pour la paperasse, la pré-admission et enfin les fameuses dates. Mercredi 18 novembre, première journée où je rencontrerai le nutritionniste, l'endocrinologue, l'anesthésiste, le stomatologue, le psychiatre. Mardi 24 novembre, deuxième journée où j'aurai le droit à une fibroscopie sous anesthésie générale et un second rendez-vous avec le nutritionniste. Puis, enfin, le mercredi 9 décembre, un dernier rendez-vous avec le chirurgien, le docteur Juglard pour définir le type de chirurgie, fixer une date d'apération si tout est ok et faire le dossier pour la Sécurité Sociale. Voilà, quatre mois à attendre, si long et si court à la fois... Avant de tourner définitivement la page.

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Avec ma belle-soeur, nous sommes allés faire les magasins...un peu comme à chaque fois qu'elle fait un crochet par Toulouse. Première étape, Etam Lingerie. C'est peu dire que je n'arrive même à entrer un demi-nichon dans leur plus grande taille. Pourtant, malgré ma corpulence qui fait un peu tâche dans ce genre de magasin, je me surprends à sourire. Dans un an, moi aussi je me ferai plaisir dans ce type de boutiques. Les jolis balconnets, les p'tits strings décorés, je n'aurai plus de limite dans les modèles. En fait, je me rends compte que ces 6 mois de parcours avant l'opération sont nécessaires, ils permettent une vraie réflexion. Parce qu'en fait, je suis déjà en train de maigrir dans ma tête.

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Aujourd'hui, j'ai commencé ma longue liste de rendez-vous médicaux pour arriver à la chirurgie de l'obésité le mieux possible: direction le dentiste.... Deux caries soignées et un détartrage chez la folle de la roulette. Et bientôt, un implant contraceptif posé chez mon gygy chéri, un bilan ophtalmique pour plus de repos oculaire. Bref, j'ai l'impression d'avoir fait la révision des 1000 km.... Cela fait bien longtemps que je n'avais pas tant pris soin de moi.

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Toutes ces raisons qui me poussent à sortir définitivement de l'obésité....

Ne plus avoir peur de mourir d'un arrêt cardiaque, là, maintenant. Ne plus faire d'hypertension, d'hypercholestérolémie. Ne plus avoir de douleurs aux articulations (genoux, hanches). Ne plus avoir honte de mon reflet dans le miroir. Ne plus demander de l'aide pour me relever quand je suis au sol. Avoir une garde-robe normale: des chaussures de filles à talons, des jupes, des chemisiers et de la lingerie digne de ce nom. Ne plus avoir peur de casser le lit de Zébulon quand je vais lui lire l'histoire du soir. Pouvoir porter le bracelet que ma meilleure amie m'a offert. Arrêter de transpirer tout le temps, au moindre mouvement. Ne plus être épuisée, essoufflée quand je fais le ménage ou m'occupe du linge. Courir après Ouistiti et faire une partie de foot. Ne plus être irriter au niveau des cuisses et des bourrelets à cause des frottements. Passer presqu'inaperçue. Faire du sport sans me soucier du regard des gens. Arrêter d'avoir chaud tout le temps. Continuer à travailler auprès des enfants sans être continuellement épuisée. Ne plus avoir peur de ne pas rentrer dans une chaise ou dans un manège. Arrêter de casser du mobilier quand je m'assois dessus. Me sentir belle, pour la première fois de ma vie. Voir grandir mes enfants, longtemps, très longtemps.

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Mercredi 14 octobre 2015, j'ai enfin mes règles après l'arrêt de la pilule. Je téléphone à mon gynéco sur le champ et obtient un rendez-vous deux heures plus tard. Je vais enfin me faire poser l'implant contraceptif. J'ai peur que ça fasse mal, mais heureusement le patch Emla est un peu magique. Avec le bypass, il y a une malabsorption au niveau de l'intestin donc la pilule ne fait pas son effet, voilà pourquoi je passe par l'implant. Trois années de tranquillité sans bébé. J'ai l'impression que c'est la première étape concrète de mon parcours pour sortir de l'obésité.

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Mercredi 18 novembre 2015, enfin. Cette date si irréelle dans mon agenda, si attendue, est arrivée. Premier réveil à 4h41, je suis fébrile: j'ai tellement peur de louper le réveil. J'arrive à me rendormir tant bien que mal jusqu'à 6h15. Enfin, ça y est. Je m'habille rapidement et je pars direction la Clinique des Cèdres, à jeûn évidemment. Pas de brouillard ce matin, c'est une chance: je me gare devant le bâtiment principal à 7h20. J'ai rendez-vous en cardiologie à 8h pour démarrer la journée de ce bilan 1. Premier étage, salle 107. C'est étrange un hôpital entièrement désert, seuls les néons crépitent et quelques pas au loin brisent le silence. Une "collègue" (quelqu'un venu pour la même chose que moi) arrive. Sourires gênés. Puis c'est le tour de l'équipe de cardiologie de débarquer et d'ouvrir le service. Une infirmière m'installe dans le bureau n°2 pour un électrocardiogramme: se mettre torse nu de bon matin ou comment mettre ta pudeur au placard. Les résultats s'impriment puis je file dans une autre salle pour attendre le cardiologue: prise de tension, échographie du coeur et tout un tas de questions. Il est sympa et me met à l'aise: j'ai le feu vert côté cardio! Je redescends au centre de l'obésité: la secrétaire m'indique la suite des rendez-vous... Je pars faire un bilan sanguin: 7 tubes plus tard, j'ai enfin le droit à un petit déjeuner. Cela me fait rire intérieurement, pour un centre de l'obésité, il n'y a...que des gâteaux! A 10h, j'ai rendez-vous avec le nutritionniste comportementaliste. Il me pèse: 119,4 kg pour 1m68 soit un IMC de 42,3, un peu moins qu'à la maison, je le félicite de sa gentille balance. J'ai le droit à un interrogatoire en règle sur mes habitudes alimentaires, mon parcours de régimeuse, ma prise en charge au fil des années. Il est très gentil et j'ai l'impression d'être réellement écoutée. Je le reverrai mercredi prochain, à la journée du bilan 2. A 11h, je remonte au 1er étage pour le rendez-vous avec le pneumologue. L'infirmière me fait passer le test du souffle dans une boîte fermée. Je n'ai pas d'asthme et une bonne capacité pulmonaire. C'est déjà çà! Je remplis tout un tas de questionnaires et je rencontre le pneumologue. Vus mes antécédents (hypertension, obésité morbide et mon père qui est appareillé pour l'apnée du sommeil), il me demande de faire le test de l'apnée du sommeil, j'ai rendez-vous le 12 janvier 2016 pour la pose de l'appareil, rentrer dormir chez moi et revenir le lendemain pour faire le bilan. Je m'inquiète mais il me rassure, ça ne posera aucun problème pour ma chirurgie bariatrique, au contraire, ça l'appuiera: j'ai le feu vert côté pneumo! Il est midi, c'est l'heure du déjeuner au self, c'est pas mauvais. A 13h30, j'ai rendez-vous au sous-sol en radiologie pour le panoramique dentaire. Enfin, à 14h30, c'est avec l'anesthésiste: ayant été opérée plusieurs fois, je suis rodée et c'est ok pour ma fibroscopie sous anesthésie générale mardi prochain. Je le reverrai d'ailleurs à ce moment-là. Je retourne au centre de l'obésité, après cette journée, j'ai l'impression de connaître la clinique comme ma poche. Je devais voir le stomatologue mais il est absent. La secrétaire me rassure, il fera un compte-rendu avec la radio et il n'y aura aucun souci pour ma prise en charge. Je peux repartir. Me voilà le cœur plus léger, encore plus confiante dans l'avenir.... J'ai vraiment l'impression d'être bien suivie. Vivement mardi prochain (même s'ils vont m'enfoncer un tuyau dans la gorge).

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Mardi 24 novembre 2015, je suis un peu stressée. J'ai rendez-vous à 9h au centre de l'obésité, je franchis l'accueil de la clinique des Cèdres à 8h20, à jeûn. Je commence par le rendez-vous avec le psychiatre. Il me donne une impression bizarre, mi ours mi lunaire. J'ai le droit à pleins de questions étranges sur mes émotions et l'alimentation, j'essaie de ne pas trop réfléchir pour répondre, histoire d'être la plus sincère possible. L'entretien se termine, je n'étais pas très à l'aise mais il ne me dit pas non: est-ce un accord? On verra bien... Je monte d'un étage, direction la chirurgie ambulatoire. Sur le papier, j'ai rendez-vous à 10h15 pour la fibroscopie gastrique. L'infirmière m'installe dans une chambre avec 3 autres personnes, j'ai le droit à une jolie tenue de bloc puis je m'installe sur mon brancard en position fauteuil. L'attente commence, et ça va être long. L'infirmière revient pour la surveillance et la pose du cathéter. Le brancardier n'arrivera que vers 12h15 pour me descendre au bloc: le stress et la peur sont au maximum. J'attends aussi en bas, longtemps, j'ai froid malgré la couverture: je suis la dernière de la matinée. J'aperçois l'horloge en entrant dans le bloc 12h55. Le chirurgier se présente et me demande de me mettre sur le côté gauche. Je vois alors le long tuyau noir qui va bientôt descendre dans mon estomac. Je sens que l'infirmière installe l'anesthésie à mon cathé. J'ai le droit de mordre dans un drôle de truc, pour le passage du tuyau. En quelques secondes je sens le bourdonnement sourd dans mes oreilles, si particulier. Je sombre. J'ouvre les yeux en salle de réveil, il est 13h10. Je veux tout de suite enlever l'oxygène dans mon nez. J'émerge rapidement, tout va bien, tout s'est bien passé. Je remonte dans la chambre, pour les 30 minutes de surveillance avant mon départ. Je me rhabille, la tension est ok, je peux aller prendre une petite collation avant de poursuivre mes rendez-vous. Je revois le nutritionniste qui me donne de précieux conseils pour le post-op. Mes bilans sont enfin terminés...il ne reste plus qu'à croiser les doigts et à attendre le rendez-vous avec le chirurgien....

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Mercredi 9 décembre 2015, j'ai plus de 40 minutes d'avance à mon rendez-vous avec le Dr Juglard à la Clinique des Cèdres. Juste avant le secrétariat du centre de l'obésité, je le croise dans le couloir et il m'emmène dans sa salle de consultation. Je n'y crois pas, aucune attente, j'ai des cabris qui font des sauts dans mon estomac, je me dis: "Enfin, je vais savoir!" Nous détaillons ensemble les bilans de chacun des spécialistes, il me fait rire: "Le psychiatre vous a trouvé normale", je lui réponds: "Il n'aurait pas dû!", il me dit que tout est normal mais qu'il va voir pour faire annuler le dépistage de l'apnée du sommeil, totalement superflu comme je serai opérée dans la foulée et que si j'ai ce syndrome, il va s'en aller de lui-même avec la perte de poids. Je reste abasourdie mais le sourire s'étend sur mon visage. "Alors dites-moi, quelle opération préféreriez-vous?" Je pousse un "Gniiiiiiiiiiiiiiii" intérieur et lui parle de mon souhait pour le bypass car je sais qu'il a plus de réussite que les autres techniques de chirurgie bariatrique et moi, je veux me faire opérer et ne plus jamais être obèse de toute ma vie! Il ouvre son agenda et hop, une date: j'aurai mon bypass le mardi 12 janvier 2016, je suis tellement heureuse! Bref, je file finir la paperasse, le dossier à envoyer à la sécurité sociale pour l'entente cordiale, et la pré-admission... Maintenant, je compte les jours jusqu'au lundi 11 janvier où je rentre dans l'après-midi pour la réunion pré-opératoire, je suis opérée le mardi, levée le mercredi et normalement si tout va bien, je rentre chez moi le jeudi. Allez, je vais profiter des fêtes car je n'oublie pas, 5 jours avant l'hospitalisation j'ai le droit au régime bouillon pour dégraisser mon foie, ça va être fun....

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2015 s'en est allée et c'est tant mieux: je tourne définitivement la page. J'ai envie de dire ouf. Nous sommes aujourd'hui le 5 janvier 2016 et je suis sûre que de toute ma vie, je me souviendrai de cette date. C'est le dernier jour de ma vie en mode orgie alimentaire. Le dernier jour où gras, sucres et autres produits industriels peuvent entrer dans ma bouche sans encombre. J'ai presqu'envie de déraper mais en fait non, c'est une journée lambda qui se terminera par un resto avec une amie. D'une banalité affligeante mais je sais tout au fond de moi que non. Demain, je commence le régime prescrit par mon chirurgien pour dégraisser le foie (afin qu'il puisse manipuler plus aisément mes organes), le régime "blanc" à faire 5 jours avant l'hospitalisation. Un p'tit déj' normal puis les repas du midi et du soir composés d'une soupe sans graisse (sans féculent) et de 2 yaourts. Je sais que cela ne va pas être simple mais je suis tellement déterminée dans mon choix du bypass que je sais que je vais y arriver. Demain, c'est le grand départ. Demain, je me pèserai et me mesurerai sous toutes les coutures pour définir d'où je pars. Demain débute ma renaissance....

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Mercredi 6 janvier 2016, c'est le début de la grande aventure. Je sais que ça sera difficile, mais je suis tellement contente que je mets de côté toutes les difficultés à venir: à moi ma nouvelle vie! Pour savoir d'où je pars, je dois monter sur ma très chère Dame Balance, ce n'est pas franchement ce que je préfère. Elle m'affiche 121,4 kg avec 62 kg de masse maigre et 59,4 kg de masse grasse. Pour mon 1m68, ça me fait un IMC à 43 soit une obésité morbide de classe 3. Je continue dans les festivités en dégainant mon mètre ruban: les kilos c'est bien beau mais ma circonférence totale m'intéresse aussi. Tour de cou: 39,5 cm. Tour de poitrine: 127,5 cm. Tour du bras droit: 44 cm. Tour du bras gauche: 45,5 cm. Tour de taille: 117,5 cm. Tour de hanches: 136 cm. Tour de fesses: 134 cm. Tour de la cuisse droite: 81 cm. Tour de la cuisse gauche: 81 cm. Mazette, ça me donne le tournis. Je m'attaque ensuite à la préparation de ma soupe: carottes, poireaux et courge musquée. La journée se passe bien: un p'tit déj' avec une tasse de thé à la menthe avec 1 carré de sucre + 4 biscottes légèrement beurrées puis, mon déjeuner et mon dîner avec un bol de soupe (miam) et 2 yaourts aux fruits à 0% de matières grasses et sucres ajoutés. Je commence à ressentir les premiers effets du manque de sucre: j'ai froid et j'ai mal au crâne. Rien d'alarmant, je m'y attendais. Le sucre, le gras, de vraies drogues dures.... Heureusement, ça ira mieux dans quelques jours.

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Dimanche 10 janvier 2016, enfin, ça y est, j'y suis. Demain, à 13h, le VSL m'embarque pour la Clinique des Cèdres où je serai opérée d'un bypass le lendemain. Le stress commence lentement à monter. Ma valise est bouclée, les photos des mes enfants précieusement rangées, mes papiers archivés, je suis prête, je me sens vraiment prête: dans mon corps, dans ma tête, dans ma vie. Ces quelques jours de régime pré-op n'ont pas été aussi compliqué (à part les céphalées des premiers jours), j'ai été plus forte que mes envies. Je sens aussi que j'ai dégonflé, bien dégonflé: je me pèserai demain matin pour voir. Je commence à être un peu tristounette de devoir laisser Zébulon et Ouistiti pendant 4 jours, ils vont me manquer mes bouilles d'amour. Mais la vie qui nous attend, tous les 3, je sais qu'elle sera bien meilleure après le bypass. Bref, 2016, l'année de ma renaissance, c'est parti mon kiki!!!!

mamanprout_marenaissance2016

 

(article écrit entre juillet 2015 et janvier 2016)