J'ai "le malheur" de faire un métier qui, quand on devient maman, nous rend légèrement barjo... Elever les enfants des autres, c'est bien. Elever les enfants des autres quand on doit confier ses propres enfants à d'autres, ça devient vraiment compliqué. Surtout dans ma tête... J'ai très très mal vécue d'avoir laissée chez une nounou plus que médiocre ma Zébulon alors qu'elle avait à peine 3 mois. Tordage de boyaux, pleurs, appréhension, c'était vraiment pas la joie. Je me suis promis de ne jamais revivre cette situation. Maintenant qu'Ouistiti est là, mon choix a été très naturel, je vais devenir mère au foyer. Moi qui n'a jamais connu le chômage, moi qui travaille depuis toujours, moi qui aime cette indépendance financière, je vais rester à la maison avec mon fils. Par choix. Pas par contrainte, pas par obligation. Nous aurions très bien eu "les moyens" de payer une assistante maternelle. Mais non, j'ai envie de m'occuper moi-même de mon petit garçon. Mon employeur a donné son accord, la CAF va me verser le complément de libre choix d'activité, bref, la grande aventure commence officiellement le 1er mars 2015. Pour autant, je me pose beaucoup de questions....

 

Financièrement sur le papier, ça passe, mais dans la réalité, ça va chambouler nos habitudes?

Clairement, je vais passer de 1450 euros à 700 euros. Gloups. Mais quand je pense combien coûte une assistante maternelle par chez nous (un bras, trois orteils et la moitié de mon foie) et le prix du centre de loisirs pour Zébulon (bah oui, j'ai pas toutes les vacances scolaires, même en tant que fonctionnaire), c'est plutôt une perte de 150 à 200 euros par mois. Je vais devoir gérer un budget plus serré, trouver des astuces (t'en as peut-être?), temporiser certains désirs, il y aura du changement mais pas si radicalement. Enfin, j'espère... Parce que des fois, entre la théorie et la pratique...

 

Ne vais-je pas trop m'isoler socialement?

Prendre un congé parental, ça veut dire rester en tête à tête avec son enfant. Ne pas avoir beaucoup de conversations d'adultes. Rentrer dans une autre routine. Moi, je suis une expat', Papa Prout a muté plusieurs fois, et nous sommes arrivés à Toulouse il y a juste 2 ans, c'est pas comme si on avait un grand réseau d'amis. Alors maintenant à la maison, ça va être à moi de doublement me bouger les fesses pour pas trop m'enfermer. Gros challenge. Sinon j'ai peur que la dépression pointe le bout de son nez!

 

Vais-je devenir une "Bree Van De Kamp"?

J'ai jamais été une férue du ménage. Mais j'aime cuisiner. J'aime quand c'est rangé. Mais j'ai souvent la flemme. Je suis blogueuse, ça me prend du temps, beaucoup de temps. Souvent, la vision que la société a de la femme au foyer, c'est avec des gants en plastique, un psitch dans la main, un tablier sur le ventre, et un sourire Colgate, une femme qui a le temps. Une Bree quoi. Mais j'ai vraiment pas envie de devenir psychorigide. C'est pas parce que je reste à la maison que je devrai coller à cette étiquette. Nan? Aurai-je le droit d'avoir du temps pour moi? De faire des trucs égoïstes? De ne pas être tournée exclusivement vers mes enfants? Bref, je me demande si cette expérience va me transformer durablement...

 

Est-ce que ma famille et mes amis vont changer de regard sur moi?

Je ne balancerai pas de nom, mais quelqu'un m'a déjà demandé si je ne m'ennuyais pas trop. J'avoue, ça m'a hérissé le poil, j'ai failli m'étrangler. Non, c'est pas parce que je ne travaille pas que je me tourne les pouces. Bien au contraire. Mais cette étiquette de mère au foyer est tellement péjorative dans notre société que je me questionne: serai-je moins intéressante, moins pertinente aux yeux de mon entourage parce que j'ai pas une activité professionnelle? Ma voix comptera-t-elle moins? Les gens vont-ils penser que je stagne, que je mets entre parenthèses ma vie? Parce qu'être en congé parental, c'est pas se transformer en Caroline Ingalls...

 

Et dans notre couple, ça va changer nos comportements, lui qui gagne des sous, moi qui bénéficie d'aides?

J'ai un fort caractère (pour pas dire un caractère de merde), je n'ai pas l'impression d'être inférieure à un homme. Même si on a un compte commun avec Papa Prout, qu'on se prend pas du tout la tête à savoir qui a payé quoi, à comparer qui gagne le plus, je me demande si cette perte d'autonomie financière ne va sonner le glas d'un changement dans notre couple. J'ai pas envie de quémander, de négocier: "je peux m'acheter çà?" Ah çà, non! Mais forcément la balance va être différente alors ça me turlupine...

 

Ouistiti sera-t-il vraiment épanoui uniquement avec sa maman?

Forcément moins stimulé, certes. Mais ne vaut-il pas mieux la qualité que la quantité? J'ai la chance d'être plutôt bien équipée en terme de jeux et jouets, de me débrouiller avec trois bidules pour faire des activités diverses et variées mais quand même, il lui manquera peut-être à un moment un truc important, les interactions avec les autres enfants. Je pense que vers 10-12 mois, je l'amènerai au LAEP (lieu d'accueil parents-enfants) ou l'inscrirai plus tard à la babygym, l'éveil musical, l'heure du conte ou les bébés nageurs. Bref, aller à la rencontre de l'autre! Etant dans le milieu, la garderie, je suis moyennement convaincue, on verra selon son caractère, son envie aussi...

 

Un jour, ma Zébulon ne m'en voudra-t-elle pas d'être restée auprès d'Ouistiti, mais pas d'elle?

C'est certain, mes deux enfants n'auront pas eu les mêmes expériences, n'auront pas eu la même éducation. Je suis certaine que ça les rendra différents. Et dans cette fratrie où chaque miette d'amour est soupesée, est-ce qu'avoir pris un congé parental pour l'un mais pas pour l'autre, ça n'entraînera pas de la jalousie? L'avenir nous le dira....

 

Et le retour au travail, comment vais-je le vivre?

C'était déjà pas l'éclate-totale avant mon départ mais je me pose déjà la question du retour. Vais-je avoir envie d'y retourner? Ou un nouveau départ avec un autre projet professionnel ne ferait-il pas plus de bien? Reprendre à 100% ou moins? Je vais devoir bien réfléchir à l'après, à mes envies professionnelles, mon avenir, mais j'ai d'la chance, je vais avoir du temps pour çà....

 

Bref, je suis une maman rongée de questions...

Je suis une future mère au foyer pas désespérée...

Et promis, j'ai pas laissé mon cerveau au boulot....

super-maman 

Me voilà en super maman!!!!

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