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Aujourd'hui, c'est mercredi, et j'imagine que pour la première fois, des milliers d'enfants vont prendre le chemin de l'école.

Mais dans la famille Prout, on est déjà au réveil qui sonne 5 jours par semaine, car voilà un an que nous connaissons les nouveaux rythmes scolaires! La commune où est scolarisée Zébulon a fait le choix en 2013-2014 de se porter volontaire pour l'expérimentation. Pourquoi? Je pense bien que la généreuse prime par élève que l'Etat lui a versé pour participer en anticipé, a pesé dans la balance... Enfin bref, depuis donc plus d'un an, Zébulon va à l'école le lundi, mardi, jeudi, vendredi de 8h30 à 15h45 et le mercredi de 8h30 à 11h30.

Et au fin de compte, qu'est-ce que ça fait?

Alors au le premier mois de la mise en place, c'est surtout du stress lié à l'organisation, aussi bien pour la mise en place des activités extra-scolaires (inscription, liste d'attente, intérêt pour l'enfant, qualité, fatigue engendrée?), la liaison pas toujours facile entre maîtresses et animateurs (Education Nationale et Municipalité ne travaillent pas forcément exactement dans la même optique, on peut faire des choses d'un côté mais pas de l'autre), la compréhension des différents acteurs dans la vie de Zébulon (surtout qu'elle débarquait un peu paumée en petite section et que son école comporte tout de même près de 170 élèves) et le coût réel que ça représente dans notre budget familial (quand on ne connait pas, malgré les barêmes à calculer, recalculer, on appréhendait un peu la facture du CLAE).

Mais passée cette rentrée toute nouvelle, je dois dire que ça a plutôt bien roulé! Comme tout le monde, on a fait un peu de résistance au changement (quoique Zébulon était notre premier enfant, nous n'avions que peu de parallèle avec les anciens rythmes). Sauf qu'il faut l'avouer, nous sommes des privilégiés, et ce, pour deux raisons!

Pourquoi ça a fonctionné "pour nous"?

Premièrement, parce que la commune n'avait à gérer cette réforme que pour 2 écoles (1 maternelle et 1 élémentaire, ce qui représentent environ 350 élèves) et qu'elle y a mis les moyens. Les gros moyens. Parce qu'il ne faut pas se leurrer, elle les a. Elle a embauché à temps plein des animateurs CLAE, des éducateurs sportifs (pour de la baby-gym) et des intervenants extérieurs (plasticienne, prof de théâtre). Sans parler de la mise en place d'une garderie municipale gratuite le mercredi de 11h30 à 12h30 encadré par des animateurs. A la fin des cours (à 15h45), les familles ont 3 choix possibles: récupérer leur enfant, mettre leur enfant au CLAE (qui ferme à 18h30), inscrire leur enfant à une activité extra-scolaire (qui change tous les trimestres et dure jusqu'à 16h30). Pas de cumul d'activités, pas de surenchères. Et le prix dans tout çà? Rien de plus qu'avant pour les familles: l'activité extra-scolaire, c'est le même prix que du CLAE. Pour le mercredi, à la fin de la classe (à 11h30), là encore 3 choix possibles pour les familles: récupérer leur enfant, le mettre à la garderie municipale (au sein de l'école, dans la salle du CLAE, et venir le chercher avant 12h30) ou l'inscrire au centre de loisirs (et là, les animateurs viennent chercher les enfants dans les classes et les emmènent à pieds -500m- directement pour déjeuner là-bas).

Deuxièmement, parce que nous avons des emplois du temps atypiques avec Papa Prout ce qui a réduit considérablement le temps de présence de Zébulon à "l'école" (même si on devrait plus l'appeler comme çà, vu le nombre d'interventions possibles dans sa journée). Pour ma part, sur les 5 jours de matinées scolaires, il n'y avait que le vendredi où je ne pouvais l'emmener à 8h30, donc elle avait le CLAE le vendredi de 7h30 à 8h30. Pour Papa Prout (qui bosse de 4h à 12h), il pouvait la récupérer tous les jours à la sortie de classe (elle a bien le temps pour les activités extra-scolaires) mais aussi la chercher à la garderie le mercredi avant 12h30. Au final, après calculs savants, Zébulon avait tout de même des semaines de 34 heures alors qu'elle allait au CLAE qu'une heure par semaine et ne fréquentait pas le centre de loisirs. Enorme je trouve pour une petite de 3 ans tout juste...

Et l'avenir alors?

Je m'interroge beaucoup sur la pérénité de cette mise en place: la commune investira-t-elle toujours autant dans l'éducation quand le soufflé médiatique sera retombé? Ou bien, quel sera l'augmentation des impôts locaux dans les 5 à 10 ans pour tenir le rythme? Et tous ces parents qui ont des horaires plus classiques, dans quel état retrouveront-ils leur enfant avec le cumul d'activités, les semaines de 50 voir 55 heures? Sans parler de toutes ces personnes en congé parental à taux partiel qui doivent alors négocier avec leur employeur pour réaménager leurs horaires. Enfin, tous les communes n'ont pas les mêmes moyens, aussi bien financiers qu'humains, cela pourrait-il engendrer une "éducation" à plusieurs vitesses? Les privilégiés avec des "super" activités, les autres avec moins d'ouverture culturelle?

Donc, le bilan dans la famille Prout?

Plutôt satisfaite pour le moment, mais inquiète pour la suite. En ce qui concerne la fatigue de Zébulon, je n'ai pas de points comparatifs: cette première année de maternelle, oui elle a été bien plus fatiguée que chez son assistante maternelle, mais n'est-ce pas le lot de tous les enfants entrant en scolarité, avec ou sans réforme?

Bref, tout reste à faire, à analyser, je suis curieuse de voir où l'on en sera dans 10 ans...

S'il y a bien une expression que l'on pourra bannir de nos bouches, c'est bien: "Mercredi, c'est la journée des enfants!"