merde

L'entrée à la maternelle, c'est pleins de nouvelles découvertes, des supers copains, une maîtresse au top, des activités en veux-tu, en voilà... L'entrée à la maternelle, c'est aussi le début du langage fleuri, des premiers gros mots. Oui, oui, toi qui a encore un zébulon de moins d'trois ans, profites bien, la p'tite bouche d'ange va vite se transformer en gouffre à expressions cacatesques. Et je crois bien que c'est une vérité vraie, ils passent tous par là. Quoi de plus normal, hein?

Et puis faut dire que même si j'essaie de me contrôler devant elle,  je suis pas la dernière avec mes "Hé meeeeeeeeerde" quand je fais une bourde, mes "Putain, fait chier" quand j'ai un veau qui avance pas devant moi alors que je suis à la bourre, et j'en passe et des meilleurs. Sauf que les gros mots, dans la bouche des p'tits gnômes ça me hérisse le poil puissance 10. J'préfère qu'elle me peinturlure le mur avec ces Crayolas que de me sortir un "Putain", c'est comme çà, c'est dans mes gènes, nan, les mini-monstres n'ont pas à utiliser le langage des adultes, c'est trop pas possible...

Alors comment faire? Comment gérer cette langue pas du tout shakespearienne? Punir? Hurler (c'est mon dada)? S'enflammer? Laisser couler?

Bon, creusons un peu le spécimen: Zébulon, 3 ans et des poussières (importantes les poussières), sors dans un contexte tout à fait adéquate le fameux mot. Par exemple, ce soir, c'est COUILLE, dans le bain. "On s'lave les couilles?" Gros blanc. "Tu veux dire on s'lave le cou, chérie?" Les yeux plantés dans les miens: "Nan, les couilles" d'une petite voix. Un bref instant, j'ai envie de rire, mais je me ressaisis (exercice parental niveau hardos) et lui demande où elle a entendu çà. S'en suit une conversation sur un garçon de sa classe, que maman n'aime pas les vilains mots, que c'est interdit, etc... Et là, j'vois dans les yeux de Zébulon qu'il se passe un truc, en fait, elle comprend pas et elle me demande: "C'est quoi un joli mot?" Mouarf, comment expliquer à Zébulon la différence entre un gros mot et un mot joli/normal? En fait, elle expérimente, découvre cette langue riche et variée... Mais les gros mots, comment on fait pour leur donner un sens?

De cette réflexion me vient une évidence, ça sert à rien de s'énerver, de punir, d'hurler, non, un gros mot c'est un mot nouveau donc drôle (même chose pour torticoli) mais qui n'a pas la puissance vulgaire que moi adulte je lui donne. Alors pour différencier ce qui est un gros mot et ce qu'il l'est pas, on va faire une boîte à gros mots. Késako? Une petite boîte où l'on écrira les gros mots (qu'elle aura entendu, répété) puis on les enfermera à tout jamais pour ne plus les entendre car ils sont vraiment trop vilains. C'est un genre de tri. Pour le moment, elle est pas du tout dans la répétition pour provoquer, pour titiller la zone sensible de l'adulte donc cette première étape me semble censée. On verra après pour l'étape "sanction" quand elle comprendra le sens des mots ou tout du moins, l'impact qu'ils ont sur les autres...

J'ai fait quelques recherches et j'ai trouvé quelques lectures histoire de faire comprendre un peu l'impact dans notre société de ces gros mots:

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Les gros mots du Docteur Catherine Dolto, Les gros mots de Didier Mounié, Camille dit des gros mots d'Aline de Pétigny, Le koala qui disait des gros mots de Christine Beigel...et je suis sûre qu'il en existe beaucoup d'autres. Si on veut aller un p'tit peu plus loin, pour des enfants plus grands, j'ai trouvé cet autre idée de boîte à gros mots tirée de la pédagogie Freinet: peut-être une solution pour assainir l'atmosphère familiale...

Attention à pas s'lancer dans un débat philosophique devant votre Zébulon si le Papa est plié en barre de rire.... Hein, pas comme moi quoi.... Surtout si tu veux garder un MINIMUM de crédibilité de Maman... Pas comme moi j'te dis...

.Et vous, c'est quoi votre "méthode" face aux gros mots?